Les taxes écologiques, notamment celles sur le carburant, ont initié un sentiment de mécontentement au sein de la population française, qui s’est très vite transformé en mouvement de contestation nationale.

Sont-ils pour autant de fervents opposants à l’écologie ? Ou souhaitent-ils simplement plus de transparence, plus de justice et moins d’hypocrisie de la part du gouvernement ?

Pour rétablir la vérité, penchons-nous sur le budget pour 2019. Sur 100 euros de taxes dites écologiques, en réalité seulement 5 euros seront utilisés pour la lutte contre la pollution et la protection de la planète. Les 95 euros restants, autrement dit la quasi-totalité de ces impôts, financent d’autres projets. Moins de taxes et plus d’écologie, une revendication qui n’a donc plus rien de paradoxal ou d’illégitime étant donné les priorités de financement actuelles du gouvernement.

Si un flou a longtemps subsisté sur la réelle allocation de ces taxes et l’utilisation des sommes ainsi perçues, aujourd’hui, le peuple ne semble plus dupe. Les protestations se sont rapidement étendues vers d’autres domaines de la politique telle qu’elle est pratiquée depuis plusieurs décennies. Le problème n’est pas de récolter de l’argent pour préparer une transition écologique. Le réel souci est bien plus grave et difficile à combattre : il concerne l’honnêteté des dirigeants politiques et leur capacité à tenir leurs promesses quant aux objectifs des nouvelles taxes. Une taxe écologique, le peuple ne s’y oppose pas, encore faut-il que cette taxe soit à 100% écologique. Et non à 5%.

Hommes de pouvoir ou personnes du peuple : personne n’aime être dupé. A l’ère de la désinformation, ce combat contre la manipulation et la trahison semble plus que jamais d’actualité.