Un nouveau cadre réglementaire est élaboré aux États-Unis. Les produits de la culture cellulaire sortis du laboratoire pourront désormais être mis en vente.

Les États-Unis ouvrent la voie sur l’autorisation de commercialiser des produits alimentaires conçus au labo. La Food and Drug Administration donne son accord à travers le cadre. Le Département de l’Agriculture prend part dans l’officialisation du cadre réglementaire. Dorénavant, on pourra alors voir des produits alimentaires, dont les steaks, venus du laboratoire dans les rayons des supermarchés.

Pouvoir légal

Un communiqué commun est établi par la FDA et le département américain de l’agriculture. Il explique la légalité des deux entités dans la réalisation du cadre réglementaire. Les cultures cellulaires issues de la volaille ainsi que du bétail se trouvent dans le cadre de pouvoir du département et de la FDA. Ces derniers règlementent alors les aliments issus desdites cultures.

Le Good Food Institute, par sa directrice, Jessica Almy, lâche un mot sur le cadre établi. Aucune autre loi n’est exigée pour compléter le règlement annoncé par la FDA et le département, affirme la dirigeante de l’association qui vise à promouvoir l’agriculture cellulaire. Les producteurs ont alors le droit de lancer leurs steaks de labos, sans plus attendre d’autres cadres légaux. Le département de l’agriculture, avec la FDA, veut instaurer une règlementation qui soit à la fois prévisible et transparente. Cela s’avère encourageant pour les industries en quête d’innovation.

Supervision partagée entre le ministère et la FDA

Des discussions se poursuivaient avant l’officialisation du règlement. À part l’autorisation de la culture cellulaire, les pourparlers concernaient aussi les entités qui seront responsables du secteur. Comme convenu, les tâches se répartissent entre le ministère de l’Agriculture et le Food and Drug Administration.

Rôle de la FDA : celle-ci garde sa compétence de supervision durant les processus en labos. Le contrôle commence à la biopsie. Le producteur utilise une aiguille pour prélever un organe ou un tissu du bétail. La FDA doit s’assurer de la régularité de ces tâches. Le technicien se sert ensuite de boîtes de Pétri. Les fibres musculaires sont mises dans les boîtes et y sont laissées pour leur multiplication. La vérification de la FDA s’arrête à ce niveau.

Responsabilités du ministère : l’équipe du ministère de l’Agriculture prend en charge le contrôle de la production. Lors des mises en emballages et des étiquetages, le ministère poursuit la supervision. Il s’assure alors de la conformité des produits jusqu’à leur lancement.

Produits alimentaires de laboratoire : lourds investissements

Le steak in vitro a été présenté par le professeur Mark Post, il y a 5 ans. Le coût exorbitant du steak ne permettait pas le lancement du produit. Il grimpait à 250 000 euros. Avec le cadre réglementaire actuel, la voie est ouverte sur le plan juridique. Toutefois, en matière de coût, les producteurs demeurent encore dans la recherche de solutions pertinentes.

De l’espoir se dessine quand même à l’horizon. D’innombrables startups se penchent déjà sur le domaine de l’agroalimentaire. On peut citer la jeune pousse américaine Memphis Meats. Aleph Farms et Mosa Meat travaillent également sur le projet. Des investisseurs en capital-risque, comme Tyson Ventures, apportent leurs soutiens aux startups. Les sociétés innovantes peuvent alors, sans grands obstacles, recueillir les fonds nécessaires. Just, la jeune pousse de la Californie obtient depuis 2011, 245 millions de dollars. Sa réputation étant intensifiée par le produit mayonnaise sans œuf.

Le problème d’investissement semble alors se dénouer petit à petit. Reste à savoir l’intérêt des consommateurs pour les produits sortis des labos !