Enedis, le gestionnaire du réseau d’électricité français, en collaboration avec René Briand, le groupe nantais spécialisé dans la production de plants maraîchers, a testé une pratique innovante pour une meilleure régulation de tension. L’objectif d’une telle démarche est simple : rendre l’insertion des énergies locales plus facile et accessible à un plus faible coût.

Pourquoi avoir choisi René Briand ?

Les maraîchers font partie de grands usagers d’électricité. Ils ont besoin d’énergie pour le chauffage et l’éclairage des légumes. Ils ont alors construit des centrales de cogénération à grande puissance qui génèrent de l’électricité. Le réseau HTA sous les responsabilités d’Enedis, disposant d’une tension de 20 000 volts, accède à l’énergie produite par ces centrales.

Enedis a choisi René Brian pour être son partenaire pour un test concernant un premier raccordement intelligent. En France, ce test est considéré comme un projet innovant et un pionnier dans son domaine. Si auparavant, les activités d’Enedis étaient limitées dans la distribution d’électricité, aujourd’hui, l’entreprise vise de nouveaux horizons. Elle s’occupe également de la collecte des énergies produites par les sources de productions décentralisées. Il s’agit notamment de l’électricité générée par les infrastructures éoliennes, la méthanisation, les panneaux solaires, la cogénération et bien d’autres. Dans un tel contexte, la gestion de la tension est un aspect à ne pas négliger.

Selon Anaïs Jourden, ingénieur au service d’Enedis, la hausse de la tension électrique est inévitable lors de tout raccordement sur réseau d’une nouvelle production. Or, l’augmentation de tension est limitée à 5 %, à cause de contraintes réglementaires et contractuelles. De ce fait, une solution de régulation s’impose.

Les résultats obtenus par René Briand

Le groupe René Briand avait un projet qui consistait à raccorder une centrale à gaz naturel d’une puissance de 4,4 mégawatts. Cette haute puissance peut répondre aux besoins en électricité de 2000 ménages. Mis à part la production d’électricité, l’installation génère également la chaleur requise pour assurer le chauffage de l’ensemble des serres de l’entreprise René Briand en toutes saisons. À noter que les serres du groupe représentent environ 19 hectares et produisent, chaque année, 300 millions de plans maraîchers. Grâce à un tel dispositif, le maraîcher peut assurer la continuité de ses activités de plantation de légumes, même en contre-saison.

Le système de cogénération adopté par René Briand garantit une économie d’énergie primaire de l’ordre de 25 à 35 %. Pour l’entreprise, le modèle économique considère les avantages liés à l’obligation d’achat d’énergie électrique exigé à EDF, surtout en ce qui concerne les tarifs. La réalisation du projet a demandé un investissement aux alentours de 28 millions d’euros. Cette estimation inclut la mise en place de 2 unités de cogénération.

Les avantages sur les délais de connexion

Concrètement, une réduction de 5 mois sur les délais de connexion au réseau est assurée. Comment a-t-on pu obtenir un tel résultat ? Initialement, le raccordement devait s’effectuer en amont du réseau de tension 20 000 volts. Toutefois, il est désormais possible d’utiliser les nouvelles technologies de capteurs ainsi qu’à des algorithmes bien définis pour évaluer la puissance du réseau. Cette estimation est réalisable au niveau du poste source, en temps réel.

 

La régulation dynamique de la tension permet un branchement au plus proche du maraîcher. Ce qui est synonyme d’une économie de 400 000 euros, soit le coût d’une tranchée de 3,6 km pour le producteur de légumes.

 

Malgré des résultats amplement satisfaisants, Enedis compte passer par un stade d’observation et d’études sur une durée de 2 ans. L’expérimentation en question entre dans le cadre d’un programme de Recherche et Développement sur les réseaux intelligents (R&D Smile ou Smart grids). Ce dernier est prévu pour les Pays de la Loire et la Bretagne. Dans la région PACA, un programme semblable au R&D Smile est lancé. Il s’agit de Flex Grid. 28 projets ont déjà bénéficié d’une homologation et font l’objet d’un investissement total d’environ 64 millions d’euros. Le prochain raccordement sera réalisé l’année prochaine, en mars, en Provence.