En France, des automobilistes ont le choix entre leurs voitures personnelles, le transport collectif, le vélo et d’autres moyens de déplacement. Cependant, une partie de la population ne dispose d’aucune autre alternative que l’usage de leur véhicule. Cette dernière catégorie est constituée par la moitié des Français. Tel est le résultat des études menées par l’Obsoco (Observatoire Société et Consommation).

Les prix des carburants sont soumis à des augmentations répétées. Les gilets jaunes passent alors à des manifestations et des blocages de route dans le but de protester contre ces hausses devenues alarmantes. À ce même moment, l’Obsoco, un observatoire de la société et de la consommation, collabore avec le cabinet Chronos pour lancer le sondage sur les moyens de mobilité des Français. L’étude prend en compte les diversités géographiques et socioprofessionnelles.

Il y a deux ans, en 2016, 59 % des Français se servaient de leurs voitures personnelles au quotidien. Aujourd’hui, une baisse de ce taux est constatée. Seuls 50 % de la population utilise un véhicule individuel tous les jours. Le modèle de l’automobile personnelle reste dominant, même si le transport public commence à gagner de la place. Mais comment se distribue géographiquement cette tendance vers l’abandon des voitures personnelles ?

Les métropoles proposent un large choix de moyens de transport pour leurs habitants. Trains, taxis, bus… sont à la disposition des citadins. Ces derniers peuvent alors choisir parmi mille et une méthodes de déplacement. La situation n’est pas la même dans les zones rurales. Les habitants ne profitent pas d’alternatives de mobilité autres que leurs voitures personnelles. Il en est de même dans les régions périurbaines.

Différentes catégories d’usagers

Les besoins des citadins se distinguent de ceux des habitants en zones rurales. Dans les grandes métropoles, les citoyens disposent de plusieurs choix de moyens de déplacement. Les transports collectifs abondent en ville. Les distances à parcourir entre le travail, les centres commerciaux et le domicile tendent aussi à se restreindre. En milieu rural, les habitants n’ont pas beaucoup de choix en matière de moyens de transport. Les besoins diffèrent également, selon l’âge des citoyens. L’Observatoire mène alors un sondage au niveau de 4000 individus en France. L’échantillon comprend toutes les tranches d’âges actifs, de 18 à 70 ans. Grâce à l’étude, la population est catégorisée, selon les profils et les besoins. On distingue des individus qui ne peuvent se passer de leurs voitures et d’autres bénéficiant de plusieurs moyens de déplacement.

Les condamnés à la voiture individuelle

Presque le tiers des individus sondés fait partie des captifs du véhicule personnel. Cette catégorie ne peut pas se libérer de la voiture pour les déplacements. Elle se compose, en grande partie, de femmes en quête de plus de confiance et voulant éviter les embarras. En général, elle se trouve dans les zones rurales où les alternatives aux moyens de déplacement individuels n’existent pas. Avec des profils moins diplômés, les moyens financiers de la catégorie restent restreints. Les condamnés à la voiture ne disposent d’autres choix que de manifester contre la hausse des carburants.

Les ruraux à plus d’une alternative

Presque la totalité, soit 80 % des habitants des communes rurales ne peuvent se déplacer qu’avec leurs voitures personnelles. Les 20 % restants ont alors la chance de choisir parmi quelques moyens de transport pour se mouvoir. Ces chiffres expliquent l’implication et le soutien de trois quarts de la population rurale à la manifestation des gilets jaunes. Si le mouvement n’attire que 59 % des Parisiens, 75 % des ruraux se sentent concernés.

Les urbains en quête de moyens de transport efficaces

Une catégorie des utilisateurs des voitures individuelles continue de se servir de leurs automobiles tout en sachant que des alternatives existent. Elle renferme généralement des profils de cadres et de diplômés. Ces usagers cherchent à optimiser leurs trajets et à être rapides. Cette classe de personnes est constituée par des citadins et des habitants des périphéries. Avec des moyens de transport plus efficaces ou assez efficaces que leurs voitures individuelles, ces derniers acceptent de lâcher la conduite d’une auto pour un seul individu (autosolisme). Or, les alternatives existent déjà, mais aucune ne promet encore la réponse aux attentes des usagers. Ainsi, l’Automobile Club Association sort de son silence en pointant du doigt la non-recherche de vraie alternative pour les automobilistes reprochés d’être pollueurs.

Alternatifs actifs

Si certaines personnes ne peuvent se passer de leurs automobiles, tandis que d’autres s’en servent en attendant des solutions efficaces, une catégorie se débarrasse déjà des voitures personnelles. Elle constitue 15 % des individus sondés, en majorité des hommes d’âge moyen. Les alternatifs actifs habitent en général en ville. Une partie prévoit le partage de voiture avec des collègues de travail. D’autres optent pour l’emprunt ou la location. Certains décident de laisser l’automobile pour choisir des moyens de transport plus écologiques comme le vélo. Pourquoi pas un déplacement à pied pour ceux qui travaillent à proximité de leurs habitations ?

Ambivalence au niveau des automobilistes

La plupart des citoyens sont conscients des bienfaits que procure l’usage de moins de voitures sur l’environnement. Beaucoup ont commencé à se déplacer de façon plus écologique. En Europe, 64 % de la population suit cette voie. Pourtant, les services rendus par la voiture restent difficiles à s’en passer. Plus de la moitié des sondés affirment ne pas pouvoir se débarrasser de l’usage quotidien d’automobile. Heureusement que 63 % n’ont rien contre les moyens de transport public. 31 % se penchent sur le covoiturage. Si le cinquième des enquêtés préfère le VTC, 30 % sont prêts à pédaler pour se déplacer au quotidien.